Felguérez, puissance et sensibilité

Il me semble toujours difficile d’écrire sur la peinture abstraite. Il est évident qu’il s’agit d’un langage, mais dont l’interprétation n’est pas nécessairement facile et peut donner lieu à des distorsions subjectives. Je vais néanmoins essayer de dire deux ou trois choses à propos de l’œuvre d’un peintre abstrait, le Mexicain Manuel Felguérez.

Manuel Felguérez : Doble fuga

Manuel Felguérez : Doble fuga

Le travail de Manuel Felguérez fait actuellement l’objet d’une grande exposition rétrospective à México, au musée du Palacio de Bellas Artes (Palais des Beaux-Arts). « Bellas Artes », comme on le nomme communément là-bas, n’est pas seulement l’Opéra et l’académie de musique de México. Ce splendide bâtiment néo-baroque du début du 20e siècle  abrite en outre des fresques des grands muralistes mexicains, Diego Rivera, Orozco, Siqueiros, etc., plusieurs salles de conférences et un musée qui jouit du plus grand prestige. Etre exposé là signifie une véritable consécration.

 

Manuel Felguérez : Accion ritual

Felguérez, aujourd’hui octogénaire, est originaire de l’Etat de Zacatecas situé dans le nord du Mexique (qui, ne l’oublions pas, est une république fédérale, tout comme les USA.) Il a fait ses études artistiques en France à l’Académie de la Grande Chaumière où il a été, dans les années 1950, l’élève de Zadkine. Il s’exprime à la fois en peinture et en sculpture.

 

Au début de sa carrière, il a développé un langage, justement, basé sur la combinaison de formes géométriques élémentaires (le titre de l’expo est d’ailleurs « Invention constructive »). Son application aboutit à des œuvres assez austères. J’avoue avoir été bien davantage attirée par sa production des dix dernières années, où il s’est orienté vers une abstraction beaucoup plus libre dans ses formes. Tableaux de grands formats, d’autant plus puissants qu’il reste très sobre dans ses coloris, avec beaucoup de noir et blanc, de brun, juste parfois quelques taches de rouge ou bleu. (Des choix qui rappellent un peu le Soulages ancien, avant qu’il ne se consacre exclusivement à l’ « outrenoir ».) J’aime aussi ses titres qui, je crois, illustrent le goût toujours vif des artistes mexicains pour le surréalisme.

 

Manuel Felguérez : Rumor de cristales

Quelques liens (en espagnol) pour en savoir plus :

• Galerie Lopez Quiroga

• Site Mexico Desconocido (d’où proviennent les images)

• Biographie

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