Raconter des histoires


« Qu’est-ce que l’art d’écrire ?
Paul Auster : C’est raconter des histoires. »
(Entretien avec François Busnel (Lire),
publié le 01/02/2007)


Vieux débat. Fonction de l’écriture, rôle du roman. Est-on là pour écrire (côté auteur) ou pour lire (versant lecteur) une histoire, le récit d’une histoire, fictive ou non ? (Et de là on peut débarquer dans un autre débat, non moins épineux, autofiction, autobiographie, auto-tout ce qu’on voudra.) Que le livre vienne dire une histoire, est-ce indispensable ? L’examen du roman contemporain, depuis une centaine d’années, grosso modo, montre que non. Je me garderai bien de citer des exemples, mais vous en avez certainement en tête.

Ce que je voulais dire, c’est le plaisir simple de lecture qu’il y a dans des livres qui racontent des histoires, de celles qui vous font tourner les pages, brûler la lampe de chevet tard dans la nuit et vous demander à chaque instant : que va-t-il se passer ensuite ? (J’ai la réponse : Zorro est arrivé.) Un talent qui me semble particulièrement répandu chez les auteurs anglo-saxons. Je les admire d’autant plus que je serais tout à fait incapable de construire une histoire qui tienne la route. Par pure perversion, peut-être, ou plutôt afin de faire durer plus longtemps la lecture (utile pour les trains et avions), je préfère les lire en VO. Je passe ainsi des moments palpitants avec des livres comme ceux de John Grisham (celui de l’Affaire Pélican – oui, je sais, il faut aimer les dédales de l’institution judiciaire américaine…) ou d’un Anglais, moins connu en France, Robert Goddard (avec deux D). J’ai plongé dans l’un de ses titres, Into the Blue, il y a quelques années, par pur hasard, parce qu’il s’agissait d’une femme qui disparaît dans une île grecque. (C’est un des rares titres de Goddard à avoir été traduit, sous le titre Les Ombres du passé.)

Les histoires que raconte Goddard ont souvent le même type de trame : ils mettent fréquemment en scène un personnage central qui découvre, à travers des documents tels que des journaux intimes ou par des confidences, un événement, une affaire, une conspiration longtemps gardée secrète et dont la révélation va bouleverser sa vie. Mais la nature du secret, les circonstances, la personnalité des personnages sont suffisamment diverses pour que ce ne soit pas monotone. Excellents aussi : Hand in glove (basé sur l’histoire d’un poète anglais disparu pendant la guerre d’Espagne) ou Set in stone (celle d’une maison dont la personnalité – comment dire autrement ? – influence le destin de ses habitants).

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