Le choix de Hester

 

The Deep Blue Sea. « Between the devil and the deep blue sea » (littéralement : entre le diable et la mer profonde et bleue) est en anglais une expression qui signifie un dilemme posé par le choix entre deux options également mauvaises – quelque chose comme « entre la peste et le choléra ». (C’est aussi une chanson interprétée par Ella Fitzgerald).

Le dilemme, c’est celui de Hester, jeune femme qui a quitté son vieux mari, William (riche, noble, magistrat), pour celui qui l’a séduite, Freddie (jeune, oisif, buveur), et qui hésite entre persister dans sa fugue et revenir au foyer conjugal. On est à Londres au lendemain de la 2e guerre mondiale, un Londres sinistre encore encombré des ruines des bombardements et des pesanteurs du conformisme. En somme, The Deep Blue Sea, c’est l’inverse de Brève rencontre, ce film de David Lean (1945) où l’on voyait une femme mariée hésiter AVANT de partir avec l’homme qui l’attirait… pour finalement y renoncer. (Énorme succès, sur fond musical du concerto pour piano n° 2 de Rachmaninov, Grand Prix du festival de Cannes).  Histoire qui fut heureuse, puis douloureuse et funeste (pour emprunter le titre d’un livre de Pietro Citati).

Freddie (Tom Hiddleton) et Hester (Rachel Weisz)

Il y a du bon, du très bon et du moins bon dans ce film de Terence Davies. Le très bon est dans l’interprétation : Rachel Weisz (que l’on avait vue notamment dans My Blueberry Nights de Wong Kar-Wai et The Constant Gardener de Fernando Meirelles) est excellente dans le rôle de Hester, et elle atteint des sommets dans la scène finale de séparation (très justement commentée dans le Monde). Tom Hiddleton – pour moi de physionomie on ne peut plus anglais – incarne Freddie, l’ancien aviateur de la RAF qui ne s’est jamais remis du retour à la paix, et Simon Russell Beale joue William, le mari « noble » à tous les sens du terme, car après la colère initiale, il se comporte envers sa femme, dont il espère le retour, de manière très « décente », comme on dirait en anglais.

Le moins bon, c’est le côté « théâtre filmé » qui colle tout de même au film. Il est en effet tiré d’une pièce de théâtre de Terence Rattigan, qui avait déjà été adaptée à l’écran en 1955 par Anatole Litvak, avec Vivien Leigh dans le rôle de Hester. Tout bien considéré, un film à voir, si on aime ce genre de choses, ce qui est mon cas.

(Images du site Allociné)

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