Réel à prise rapide

 

 

J’ai trouvé ce projet oulipien, intitulé Réel à prise rapide, sur le blog d’Anita, La pêche à la baleine. Blog sur lequel figurait un texte remarquable au sujet du chagrin, texte recommandé (à juste titre) par une autre blogueuse, ma copine Gilda de Traces & Trajets.

 

En se conformant à ce projet, on peut écrire tous les jours un texte d’inspiration autobiographique. Je résume le mode d’emploi (se reporter au blog La pêche à la baleine pour la version intégrale) :

1. Écrivez sur le vif. Comme si vous utilisiez un carnet de croquis, écrivez dès que l’idée du texte germe dans votre esprit.

2. N’écrivez pas plus de 100 mots. C’est-à-dire, à l’échelle d’un petit carnet, environ dix lignes.

3. Transcrivez des éléments réels de la journée (interdit d’inventer ou de se référer à une journée antérieure)

4. Suivez la consigne thématique de la date correspondante (le « programme » fournit une liste annuelle jour par jour – par exemple 26 août : « aujourd’hui, demi-vérité »). Il s’agit d’adopter un angle particulier. Même si la consigne vous semble abstraite, rattachez-la à votre journée.

Je pense qu’en effet, utiliser une méthode de ce genre peut servir de déclencheur pour débloquer quelque chose qui n’arrive pas à sortir. Faire un pas de côté, en quelque sorte. J’essaierai peut-être. Ou pas…

Eternité du roman


« Le roman ne peut plus prétendre nous informer sur la façon dont le monde est fait ; il doit et peut cependant découvrir la façon, les mille, les cent mille nouvelles façons avec lesquelles notre insertion dans le monde se dessine, exprimer au fur et à mesure les nouvelles situations existentielles. » Italo Calvino

Italo Calvino dans sa petite enfance à Cuba, où il est né en 1923

Calvino, auteur italien mort en 1985, a pris ses distances avec les formes classiques du roman ; il a fortement puisé dans la symbolique de la fable et du conte, et il a été un membre actif de l’Oulipo (dont il est devenu, si je ne me trompe, l’un des premiers membres étrangers) après avoir traduit en italien les Fleurs Bleues de Raymond Queneau.

Il ne nous en a pas moins laissé un recueil intitulé Pourquoi lire les classiques (coll. Points) où Xenophon, Dickens et Balzac côtoient des noms plus inattendus : Jérôme Cardan, le Vénitien Giammaria Ortes (que j’ignorais totalement, je l’avoue) ou Tiran le Blanc, « premier roman de chevalerie ibérique ». Le roman dit « classique » est toujours à redécouvrir ; le roman en général, loin d’avoir épuisé sa substance, représente une forme assez souple – que l’on songe à tous ses avatars depuis l’émergence de ce « concept » – pour accommoder toutes les manières d’être au monde qui cherchent à se dire. J’en saurai un peu plus sur le roman, toutefois, le jour où j’aurai réussi à en écrire un.

A lire : Un article de Jacques Jouet, L’homme de Calvino

Image : site italien Internet Culturale