Les figures bizarres de Giovanni Battista Braccelli

Au cours de l’une de mes promenades virtuelles dans les vastes champs de moutarde et autres plantes roboratives de la Toile, j’ai rencontré dans la Bibliothèque Numérique Mondiale l’ouvrage du peintre et graveur florentin Giovanni Battista Braccelli, Bizzarie di varie figure.

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Ce livre, publié à Livourne en 1624, est l’un des plus rares au monde. On ne connait qu’un seul exemplaire complet de cette suite de 50 planches : celui de la collection Lessing Rosenwald, actuellement conservé à la Bibliothèque du Congrès.

Bizzarie contient une série de 50 eaux-fortes qui célèbrent l’apparence humaine par des formes géométriques. Des carrés, des triangles, des cercles, des parallélogrammes prennent la place des muscles, des os et des tissus, redéfinissant le corps à l’aide d’un nouveau vocabulaire visuel. L’œuvre de Braccelli – redécouverte au début du 20e siècle notamment par l’historien d’art Sir Kenneth Clark – a eu une influence considérable sur les générations suivantes d’artistes. Les surréalistes, notamment, l’ont reconnu pour l’un des leurs et Tristan Tzara lui a consacré un livre, Propos sur Braccelli (édité par Alain Brieux, 1963).

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Ce thème me donne l’occasion de citer un blog de haute tenue, aujourd’hui arrêté (depuis octobre 2007, mais les notes anciennes sont toujours accessibles), Giornale Nuovo (en anglais, comme son titre ne l’indique pas). L’auteur – dont le nom est peut-être Aitch – y souligne l’analogie des figures de Braccelli avec celles de Chirico.  Braccelli est aussi listé dans les précurseurs du Surréalisme par ce vaste site d’histoire mondiale de l’art : A World History of Art.

On peut voir également des images du livre sur ce site : Rare Book Room, et les éditions Octavo en ont publié une édition numérique.

Braccelli avait également publié un Alfabeto figurato (1632) où les lettres de l’alphabet sont figurées par la calligraphie acrobatique de formes humaines, ainsi qu’une collection de gravures représentant des personnages jouant d’instruments de musique, intitulée Figure Con Instrumenti Musicali E Boscarecci.

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Satomi et les huit chiens


wdl_200De la bibliothèque numérique nationale (Gallica) nous sommes passés à l’européenne (Europeana) et voici qu’arrive la Bibliothèque Numérique Mondiale (BNM), qui vient d’être lancée par l’Unesco avec une trentaine d’institutions de divers pays.

La BNM a été développée par une équipe de la Bibliothèque du Congrès américain avec une aide technique fournie par la Bibliotheca Alexandrina d’Egypte. J’ai trouvé le site de la BNM, disposant de versions en plusieurs langues et notamment le français, très facile et agréable à explorer. Il propose des sections découpées par lieux, par périodes, par thèmes ou encore par types d’éléments (livres, manuscrits, cartes, gravures…) Une fois qu’on a accédé aux objets numérisés, on peut aussi les télécharger en pdf (OK c’est sans doute une évidence pour la plupart des lecteurs, mais ça ne fait pas de mal de le redire…) Je ne me lasse pas de me promener dans les allées de ce grand jardin.


satomi-009_thumb_itemCe roman épique, intitulé Nansō Satomi Hakkenden (Satomi et les huit “chiens”) est un yomihon, ou livre de lecture, l’un des genres populaires de fiction en prose de la période Edo (1600-1867). L’histoire raconte les aventures de huit samouraïs dont les noms commencent par le mot japonais pour chien (NDLR : ce qui veut dire sans doute « les divers mots japonais signifiant chien » ?). L’auteur, Takizawa Bakin (1767-1848), également connu comme Kyokutei Bakin, travailla environ 30 ans sur cette dernière, son œuvre la plus connue. Cet exemplaire est une première édition, détenue par Bakin lui-même, montrant ses corrections des fautes sur l’impression originale.