Dürer et son temps : la gloire du dessin

Ô mon maître Albert Düre(r),
ô vieux peintre pensif !
Victor Hugo,
Les Voix Intérieures

Longtemps, j’ai cherché quelle était la nuance exacte de la couleur des murs et puis j’ai eu une illumination : cyclamen… Ni rose, ni mauve, une teinte délicate comme des pétales fragiles au sortir de l’hiver (on s’en rapproche puisque les jours ont recommencé à rallonger), pour mieux mettre en valeur la finesse, la subtilité des dessins de l’exposition Dürer et son temps – à l’École des Beaux-Arts jusqu’au 13 janvier 2013. Finesse et subtilité qui n’excluent pas, cependant, la puissance. Reflets d’une période troublée, d’une Europe meurtrie par les guerres et les épidémies.

Hans Holbein l'Ancien, Jeune fille aux cheveux dénoués

Hans Holbein l’Ancien,
Jeune fille aux cheveux dénoués

Sous-titrée De la Réforme à la guerre de Trente Ans, l’exposition présente pour la première fois une centaine de dessins du XVe au XVIIe siècles, accompagnés d’une quarantaine d’estampes et une trentaine d’ouvrages illustrés de la même époque, provenant presque exclusivement de l’exceptionnelle collection de Jean Masson, donnée à l’École des Beaux-Arts en 1925.

Christoph Jamnitzer, Duel du homard et de la grenouille

Christoph Jamnitzer, Duel du homard et de la grenouille

Elle offre ainsi « un panorama inédit et passionnant de la création artistique des grands centres allemands de la Réforme à la guerre de Trente Ans : Nuremberg, Augsbourg, Munich et Prague pour ne citer que les principaux. Les artistes les plus célèbres sont représentés par des œuvres majeures, notamment Hans Holbein l’Ancien, Albrecht Dürer, Hans Baldung Grien, Urs Graf. On y découvre la diversité des approches techniques (l’estampe, le vitrail, l’orfèvrerie, qui connaissent un large développement dans l’atelier de Dürer à Nuremberg) mais aussi la richesse des thèmes abordés : la religion aussi bien que le monde profane, avec notamment les célèbres Danses de paysans d’Urs Graf ; le paysage, dont l’importance se lit à travers la Vue de Bâle de Matthaeüs Merian ou les vues de Prague de Roelandt Savery et de Wenceslas Hollar ».

Albrecht Dürer : Saint Christophe

Albrecht Dürer : Saint Christophe

Quelques livres allemands illustrés du seizième siècle y sont également présentés, comme par exemple Le Roi Blanc, œuvre de l’empereur Maximilien Ier, ou le Nouveau livre des Grotesques de Christoph Jamnitzer, avec sa mise en page sophistiquée. Rares dans les bibliothèques françaises, ils sont eux aussi issus de la très riche collection de l’École des Beaux-Arts. « A la différence d’une vitrine d’exposition qui ne permet de présenter qu’une double page, l’École a souhaité mettre à la disposition du public de larges extraits, parfois même le contenu intégral de ces ouvrages ainsi que d’un album de dessins de Lindtmayer, grâce à un dispositif de feuilletage ‘virtuel’ (NDLR : facile, efficace, agréable), en salle et en ligne : un parcours à travers vues de villes, album de costumes, romans de chevalerie illustrés, récit de la Passion du Christ, permet ainsi de découvrir ces dix opus. »

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Voir aussi le « feuilletoir » de l’ENSBA et l’article du Monde

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