Une autre vie que la sienne

Il y a des choses (et des gens) qu’on aimerait pouvoir aimer sans réserve, et puis on voit qu’on n’y arrive pas… Il en a été ainsi pour moi du film de Sylvie Testud, La vie d’une autre – que j’ai eu la chance de voir en avant-première grâce aux bons offices de la Cinémathèque. J’avais un préjugé très favorable à ce film, à cause de la personnalité de Sylvie Testud que j’ai vue dans quelques rôles seulement, mais toujours originaux et subtils. Je me souvenais aussi de l’avoir vu présenter certains de ses livres. Autre élément favorable, la présence de Juliette Binoche, actrice que j’apprécie beaucoup. J’étais donc toute prête à aimer ce film.

Marie (Juliette Binoche) à la reconquête de Paul (Mathieu Kassovitz)

On en connaît le sujet, qui n’est pas une idée nouvelle (se souvenir de la légende de Rip van Winkle) : Marie, une jeune femme de 25 ans insouciante et légère, rencontre Paul, ils se plaisent, ils passent la nuit ensemble. Au matin Marie se retrouve seule dans une chambre inconnue : elle va se rendre compte progressivement que quinze ans se sont passés, dont elle n’a pas le moindre souvenir. Il lui faut se familiariser avec cette vie d’une autre qui est la sienne. Paul, son mari depuis longtemps, s’est éloigné d’elle ; ils ont un petit garçon de sept ans, Adam ; Marie a fait carrière dans la finance…

Le petit déjeuner en famille, moment délicat quand on a un trou de mémoire de 15 ans

Ce qui est plutôt bien, c’est que le film ne fait pas l’impasse sur le côté angoissant de la situation, que Juliette Binoche rend à merveille, surtout dans les premières minutes de sa découverte. Mais ensuite, il cherche surtout à la tirer du côté comique des choses, et c’est là que ça se gâte ; car si quelques détails sont en effet amusants (évidemment, quand on a sauté quinze ans, on ne sait pas ce que sont les euros ni les Vélib…), le reste me semble péniblement peu crédible (surtout les séquences dans l’entreprise où travaille Marie, ou celles avec la femme de ménage) et pas spécialement drôle, surtout quand les acteurs en font des tonnes. Le décalage sentimental entre Marie et son époux (Mathieu Kassovitz, très bien dans un rôle complètement atone) est traité à la manière d’une  comédie romantique américaine (on verrait très bien Meg Ryan dans ce genre de schéma). On finit par une promesse de happy end à venir…

Bref je n’ai pas été convaincue, cela s’appelle une déception, ce n’est pas bien grave. Ça ne m’empêchera pas de retourner au cinéma.

(Images Allociné)

2 réflexions au sujet de « Une autre vie que la sienne »

  1. Quel paradoxe: à ne lire que votre résumé, on aurait envie de le voir, ce film!
    Il faut vraiment que vous insistiez pour qu’on se souvienne qu’on en a déjà vu, de ces films pleins de promesses qui n’en tiennent aucune…

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