Dorothea Tanning et le piège de la peinture

À vrai dire, et à ma honte, je la croyais morte depuis longtemps. Il faut dire qu’il n’en reste plus guère en vie, des surréalistes de la grande époque, et Dorothea Tanning était de ceux-là.

En France on la connaît surtout comme l’épouse de Max Ernst, mais elle mérite assurément mieux que l’étiquette « femme de » : forte personnalité, œuvre puissante et fascinante.

« L’artiste américaine Dorothea Tanning s’est éteinte mardi à New York à l’âge de 101 ans. Peintre, sculpteur et écrivain, elle était l’une des dernières représentantes du surréalisme des années 1940. Débutant comme dessinatrice publicitaire, elle rencontra Max Ernst en 1943 et partagea sa vie avec lui entre l’Arizona et la France, jusqu’à la mort de l’artiste allemand en 1976.
Loin de l’image de la muse, ses peintures font de la femme la vraie maîtresse de ses désirs, à l’image de son autoportrait Birthday (ci-contre). Dans les années 1950, elle délaisse un art surréaliste, marqué par sa Petite musique de nuit, pour une peinture plus abstraite. En 1986, Dorothea Tanning publia ses mémoires, intitulées elles aussi Birthday, et se consacra ensuite à la poésie. Son dernier recueil, Coming to that, est paru à l’automne 2011. » (NDLR : En 2004, elle a également publié son premier roman, Chasm (Abîme), non traduit en français). Connaissance des arts

Eine Kleine Nachtmusik, 1943 - Tate Gallery

« A long time ago I said that I want to seduce by means of imperceptible passages from one reality to another. The viewer is caught in a net from which there is no escape save by going through the whole picture until he comes to the exit. My wish: to make a trap (picture) with no exit at all either for you or for me. » Extrait de Between Lives: An Artist and Her World. New York: W.W. Norton & Company, 2001, pp. 326-327. cité par Artnet 
« J’ai dit il y a longtemps que je souhaitais séduire par le biais de passages imperceptibles d’une réalité à une autre. Le spectateur est pris dans une nasse dont il ne peut s’échapper qu’en traversant tout le tableau jusqu’à ce qu’il arrive à la sortie. Mon objectif : construire un piège (image) qui n’aurait pas de sortie, ni pour vous, ni pour moi. »

Insomnias, 1957

Liens :

Beaucoup à voir sur le site officiel et de nombreuses images aussi chez World History of Art.

Source des images : Birthday et Insomnias sur la Wikipedia en anglais. Eine Kleine Nachtmusik sur le site de la Tate Gallery. Photo de Dorothea Tanning en 1998 sur son site officiel.

Dorothea Tanning, New York, 1998. Photograph by Peter Ross © Peter Ross

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