Le Mexique honore José Clemente Orozco

Façade de l' Antiguo Colegio San Ildefonso

 

 

C’est l’un trois grands peintres « muralistes » mexicains, avec Diego Rivera et David Alfaro Siqueiros, et c’est lui qui a disparu le premier, en 1949. Le Mexique célèbre actuellement José Clemente Orozco avec une grande exposition rétrospective ouverte en octobre 2010 et accueillie à l’Antiguo Colegio de San Ildefonso, l’un des nombreux anciens monastères de la ville de México transformés en musées (celui-ci, un couvent de Jésuites, fut construit en 1588). L’exposition s’intitule Pintura y verdad (peinture et vérité).

 

Ce n’est pas toujours facile de montrer de manière globale l’œuvre d’un muraliste puisque ses travaux, nécessairement, voyagent peu. Dans le cas présent, l’exposition s’avère malgré cela très riche, construite de manière simplement chronologique et montrant, en quelque sorte, Orozco avant Orozco, puis pour ce qui est des fresques les plus célèbres, une grande quantité de dessins préparatoires d’ensemble et de détail pour chacune d’entre elles. En outre, San Ildefonso possède plusieurs peintures murales d’Orozco, notamment l’une au mur de l’un de ses cloîtres, La Huelga (La Grève), une autre dans l’un des vastes escaliers représentant Cortès auprès de sa maîtresse indienne, la Malinche.

José Clemente Orozco : Cortés y La Malinche, 1926 - Photo Guillermo Sologuren

 

Dans sa prime jeunesse, Orozco (né dans les années 1880) avait eu l’occasion de rencontrer le fameux José Guadalupe Posada, le graveur des calaveras, ces personnages représentés sous forme de squelettes. Il est certain que cela aura eu une influence importante sur lui, car tout le début de son œuvre présente un caractère caricatural appuyé, et cette tendance persiste par la suite. Souvent d’ailleurs sous la forme d’un symbolisme qui peut apparaître comme quelque peu simpliste.

José Clemente Orozco : Omniciencia, 1925 - DR

 

Dès les années 20, il élabore son propre style qui comprend des compositions souvent structurées autour de lignes obliques, des figures dessinées avec une grande force et une palette réduite au noir et blanc, aux gris et aux bruns. Les sujets sociaux chers aux muralistes à cette époque sont mêlés à des éléments évoquant le Mexique traditionnel. Orozco a d’ailleurs peint pour la bibliothèque de la ville de Jiquilpán, dans l’Etat du Michoacán, une « Allégorie de la mexicanité ».

Portrait de J.C. Orozco par Edward Weston - Photo du site Masters of Photography

 

On rencontre au début de la première salle un autoportrait de 1946 qui montre le peintre avec un visage émacié, un front haut, des yeux clairs et perçants derrière des lunettes rondes à la Bertolt Brecht. Dans l’ensemble, ce n’est pas là le style de peinture qui m’attire généralement, mais sa puissance est indiscutable. Les tableaux des dernières années, un peu plus abstraits, avec la présence de crânes et un emploi redoublé du noir, sont d’une force incroyable.

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