Mystères du chamanisme

« Nul homme ne peut rien vous apprendre
si ce n’est ce qui repose à demi endormi
dans l’aube de votre connaissance ».
Khalil Gibran

 

Nous pouvons les regarder, les admirer, apprécier leur beauté, mais nous restons irrémédiablement en dehors de leur sens. Les ethnologues peuvent bien nous décrire les pratiques du chamanisme et nous en expliquer la signification, nous ne pourrons jamais regarder ces masques comme le font ceux qui participent comme acteurs ou comme destinataires à ces cérémonies rituelles. C’est quelque chose qui me gêne toujours un peu en visitant des expos consacrées aux arts dits primitifs, ou premiers, ou quel que soit le nom qu’on voudra leur donner. Bien que j’aime profondément ces objets, je me sens devant eux renvoyée à ma caractérisation d’Occidentale du 21e siècle et aux formes limitées de spiritualité que je peux prétendre connaître…

C’est pourquoi les lignes qui suivent sont strictement descriptives et s’inspirent fortement du communiqué de presse diffusé par l’Espace Durand-Dessert.

Parallèlement à leur activité de galeristes d’art contemporain, Liliane et Michel Durand-Dessert ont constitué, au fil des ans, une importante collection d’art primitif. Un premier aperçu en avait été exposé au musée de Grenoble en 2004 en complément d’une grande rétrospective de leur carrière. C’est maintenant la partie himalayenne de cet ensemble qui est présentée dans ce lieu historique de la rue de Lappe, où bon nombre de grands noms de l’art contemporain ont été découverts et exposés.

L’un des points forts de l’exposition évoque la figure emblématique du chamane, à travers les objets composant sa parure et sa panoplie d’instruments et accessoires. Le contexte montagneux himalayen a généré un foisonnement d’objets rituels utilisés par les chamanes dans leurs cérémonies : le phurbu (ou thurmi) qui est une dague, le dhyangro (tambour) et le bumba (vase). Ce sont de tels objets qui sont exposés en même temps qu’un grand nombre de masques, la plupart en bois. Selon les ethnies, le chamane porte une robe colorée ou un jupe blanche évasée à petits plis, une coiffure garnie d’objets dotés de pouvoirs magiques : clochettes, queues de yaks, becs et serres de rapaces, dépouilles d’oiseaux ou de petits mammifères.

Quatre séries de photographies, dont notamment celles de Jean Mansion (Le Tibet), prêtée par le musée Guimet, et de Renzo Freschi viennent resituer ces œuvres dans leur contexte. Elles figurent parmi les premiers témoignages des danses et pèlerinages bouddhiques et chamaniques pris peu de temps après l’ouverture de cette région au tourisme dans les années 70. Les seules photos mériteraient d’ailleurs la visite…

Programmée à l’origine pour jusqu’au 31 janvier, la durée de l’expo a été prolongée jusqu’au 30 avril 2011.

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