C’est sa tournée !

Elles ont des noms impossibles, des costumes incroyables et des numéros invraisemblables… Ce sont les girls de Tournée. Voilà un film – de et avec Mathieu Amalric – que j’ai eu envie de voir dès que j’en ai entendu parler, c’était quand il a été présenté au festival de Cannes (où il a d’ailleurs obtenu le prix de la mise en scène). J’étais attirée par le sujet, par son originalité, et parce que j’apprécie beaucoup Amalric, un acteur que j’ai vu dans de nombreux films et que je trouve toujours terriblement juste, quel que soit le personnage. Alors j’aurais été très amère si ce film m’avait déçue. Tout au contraire, il est superbe !

Pour mémoire, un petit synopsis, base Allociné et Wikipedia :

Joachim Zand (joué par Amalric) est un ancien producteur de télévision français qui, après un exil volontaire aux Etats-Unis, pour des raisons qui restent obscures, décide de faire un « come-back » en France. Il revient avec une troupe américaine de « New Burlesque », cinq femmes et un homme, héritiers d’une longue tradition de cabaret et de music-hall. Il produit et dirige leur tournée qui passe par Le Havre, Nantes, La Rochelle, et qui remporte un franc succès. Et malgré les hôtels impersonnels, leurs musiques d’ascenseurs et le manque d’argent, les showgirls inventent un monde extravagant de fantaisie, de chaleur et d’amitié. Mais la troupe ne rêve que de Paris (qui n’est pas au programme…) Et Joachim a des ennuis avec son passé qui bientôt le rattrape : une ancienne maîtresse, un créancier floué, un ami trahi (NDLR : tiens c’est drôle, moi j’avais cru que c’était son frère…), un mentor amer, une ex-femme en colère, et deux enfants qui font payer à leur père son absence. Fin ouverte et de ton plutôt optimiste, c’est une de ses danseuses, Mimi Le Meaux, qui redonnera à Zand le goût de la vie et de l’amour tout au bout d’une île de l’Atlantique (NDLR : dans un hôtel désert dont l’atmosphère m’a fait penser aux meilleurs Wenders – des vieilles choses).

Zand avec quelques-unes de ses filles...

Linda Maracini alias Dirty Martini

Ce qui est fabuleux, entre autres, dans ce film, c’est l’énergie que dégagent ces filles aux rondeurs improbables, elles ont vraiment la pêche et ça fait jubiler. Et en contrepoint, Zand stressé, paumé, fragile, avec une atroce moustache et un brushing ringard ; et puis l’alchimie de la troupe entre l’un et les autres (sans oublier Ulysse, le fidèle assistant et homme à tout faire de l’équipe). C’est sur cet équilibre détonant que s’appuie la machine du fgilm. Mathieu Amalric a dit que après avoir revu son film deux mois après l’avoir achevé : « ça m’a semblé terriblement tendu et désespéré alors que je n’avais que le souvenir de la joie du tournage, de l’énergie des filles, de leur force vitale (…). J’avais effacé de ma mémoire le désespoir du personnage que j’interprète, l’image de quelqu’un qui peut exploser en vol à tout instant ». Mais les deux coexistent continuellement, et un des nombreux mérites du film réside dans les ruptures de ton, les glissements, comme dans la scène avec la caissière du supermarché, où les choses commencent si bien et finissent si mal.

Colette du temps où elle faisait du music-hall

Il semble que Mathieu Amalric ait eu en tête depuis des années d’adapter au cinéma le livre de Colette (dont c’est aujourd’hui l’anniversaire de la mort) L’Envers du music-hall. Mais c’est la lecture, en 2004, d’un article d’Élisabeth Lebovici paru dans Libération sur un spectacle de New Burlesque, donné au Zèbre à Paris, qui lui a permis de trouver le contexte scénique moderne de cette adaptation. Quelques mots sur cette forme de specatcle né dans les années 90 aux Etats-Unis :

Remis au goût du jour avec la très médiatique Dita von Teese, il s’agit au départ d’un mouvement lesbien, lui-même héritier des pionniers des années 20 et 30 où le burlesque est alors synonyme de satire sociale, numéros musicaux et grivoiseries. Le New Burlesque est la continuation et la réinterprétation d’un genre profondément enraciné dans la tradition du music-hall anglais et américain qui, en partant du strip-tease, y réintroduit le théâtre, la chorégraphie, le glamour, l’humour, la satire et le sens de l’excès. (Allociné)

Dita Von Teese, de son vrai nom Heather Renée Sweet, est une icône fétichiste américaine, d’origine Allemande, née le 28 septembre 1972, qui se revendique de la génération des pin-ups. Stripteaseuse, danseuse et mannequin, elle cultive une fascination pour le style rétro et pour le glamour des actrices de l’âge d’or hollywoodien. Afin de pousser son ascension dans le fétichisme, elle a aussi tourné dans des films pornographiques très esthétiques, avec notamment comme partenaires Dodie Von Gotha Shibarie, Gia Von d’Iseult et Tamara Von Rose. (Wikipedia)

Julie Ann Muz (alias Julie Atlas Muz)

Toutes images Allociné

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