Fantômes argentins


J’avais envie de voir un film différent, ce qui voulait dire, d’emblée, ni français, ni américain. J’ai trouvé ce que je voulais en feuilletant les programmes : Dans ses yeux (El secreto de sus ojos), film argentin de Juan José Campanella. (J’ai essayé de mémoriser le titre espagnol et je n’arrivais pas à me souvenir si c’était El secreto de sus ojos ou Los ojos de su secreto).

L’histoire : A Buenos Aires, en 1999. Benjamin Esposito, employé au tribunal (enquêteur pour le juge d’instruction) vient de prendre sa retraite. Mais il reste obsédé par une affaire qui s’est passée vingt-cinq ans auparavant – le meurtre d’une jeune femme – et décide de reprendre l’enquête, dans lequelle des zones d’ombre susbsistent. Un homme avait été condamné à perpétuité, mais il a été libéré quelques années plus tard (pour raisons politiques…) puis a disparu. Que s’est-il passé ? Dans l’incapacité de trouver un fil conducteur, Benjamin entreprend d’écrire un livre basé sur l’affaire. Le film alterne les flash-backs sur l’histoire du meurtre et de l’ancienne enquête, avec les méandres où s’égare le héros aujourd’hui, affecté aussi par un amour plus ou moins impossible (mais durable) pour celle qui était alors son supérieur hiérarchique.

Campanella excelle à nous orienter vers des fausses pistes, tout en semant des indices qui permettent de comprendre pourquoi justement on s’est fourvoyé. C’est aussi un film sur la manière dont le temps affecte la perception que nous avons des choses. « La mémoire me fascine, indique le réalisateur, ainsi que la façon dont les décisions prises il y a 20 ou 30 ans peuvent nous affecter aujourd’hui. Cela peut aussi s’appliquer à la mémoire d’une nation. En tant que pays, alors que nous retrouvons maintenant notre mémoire des années 1970, nous savons que l’horreur a commencé à prendre forme avant la dictature militaire. L’histoire se déroule dans une Argentine où l’atmosphère est lourde et étouffante même pour les principaux protagonistes. »

de g. à dr. Ricardo Darin (Esposito) et Pablo Rago (Morales)

Le film (qui a remporté l’Oscar du film étranger cette année) est bien construit, presque trop bien – trop de cohérence nuit parfois à la vraisemblance. Mais il m’a semblé sonner juste. Il est magnifiquement interprété, notamment par Ricardo Darin que j’avais déjà vu dans d’autres bons films argentins, Kamchatka ou Neuf Reines.

(images et propos de JJ Campanella provenant de chez Allociné)

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