Des goûts et surtout des couleurs

Je ne sais pas combien d’îles il existe en Grèce, mais cela se doit chiffrer en centaines, même si l’on ne compte que celles qui sont habitées. Ainsi, même si j’en visite une nouvelle chaque année (ce qui n’est même pas le cas), je ne risque guère d’en venir à bout… Ces derniers jours, je suis allée pour la première fois à Syros. Dans une autre existence, j’étais souvent passée par Syros, en route pour d’autres destinations, mais je me m’y étais jamais arrêtée.

Syros est l’une des principales îles et le centre administratif, la préfecture des Cyclades ; elle semble avoir moins d’attraits touristiques que ses voisines, Tinos, Paros et surtout Mykonos. Comme la plupart des Cyclades elle a connu environ trois siècles de domination vénitienne (dont les toponymes gardent la trace), puis autant d’occupation turque. Au moment de la guerre d’indépendance de 1821, elle était placée sous protectorat français, en raison semble-t-il du nombre des catholiques parmi sa population (attesté par la fréquence des églises catholiques dans cette île pour un pays majoritairement orthodoxe) .

Alors que d’autres îles s’en tiennent au « look » blanc intégral, les maisons de Syros déclinent sur leurs murs toute la gamme des jaunes et des ocres, et certaines vont même jusqu’à des oranges et des pourpres qui sont plus fréquents au Mexique qu’en Europe. La capitale, Ermoupoli, s’orne de bâtiments néoclassiques où le jaune pâle est associé aux bordures blanches d’une manière tout à fait italienne, et la place centrale (ci-dessous), nommée Place Miaoulis pour honorer l’un des héros des luttes d’indépendance, ne manque pas d’allure, avec son magnifique hôtel de ville construit en 1876 par l’architecte allemand Ernst Ziller.

Couleurs bien plus intenses avec les énormes buissons des bougainvillées, violets mais aussi rouge carmin, orange, rose sombre et même jaunes, une rareté. Et le long des routes de campagne, partout des épanchements irrésistibles de lauriers-roses et des explosions de géraniums. On rangera du côté pastel les nuances délicates des pâtes de loukoums, parfumés à la rose, à la bergamote, à la pistache et couverts d’une impalpable poudre de sucre.

(photos de l’auteur – CP ancienne de Wikipedia)

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2 réflexions au sujet de « Des goûts et surtout des couleurs »

  1. Voilà un autre billet qui invite, sinon au voyage, tout au moins à la rêverie. Et si le rêve n’a pas un effet immédiat sur l’économie, il est tout de même une agréable façon de voyager. Si j’ai mis de côté un moment mon envie très forte d’aller en Grèce, autant dans les îles que dans le Péloponnèse, je ne l’ai pourtant pas abandonnée. J’y reviendrai peut-être avec Jacques Lacarrière, pour commencer…
    Quant à Syros, c’est vrai qu’elle semble moins populaire que d’autres îles qui attirent les touristes mais, je ne me souviens plus où exactement, j’ai vu plusieurs fois le nom de Syros dans quelques textes que j’ai lus ces dernières années.

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