Le chagrin des girafes

On apprend que le zoo de Vincennes va être complètement restauré et réaménagé, pour rouvrir ses portes en 2014. A cette fin, la plupart des animaux vont déménager dans les jours qui viennent vers divers autres sites pour y séjourner pendant les travaux… à l’exception notamment des girafes, jugées trop difficiles (c’est-à-dire trop coûteuses évidemment) à transporter. Mais est-ce qu’on a pensé seulement à leur dire ce qui se passe, aux girafes ? à leur expliquer pourquoi elles, elles vont rester là (dans un coin de chantier ?) sans savoir pourquoi tous les autres animaux s’en vont ? Timides et modestes comme elles sont, elles vont sûrement se faire du souci sans oser poser de questions… Et se demander à quelle sauce elles vont être mangées…

Manger de la girafe ? Curieusement, cet animal est mentionné dans la Bible (Deutéronome 14,5) parmi les animaux comestibles définis par la loi mosaïque. « Voici les animaux que vous mangerez : le bœuf, la brebis et la chèvre; le cerf, la gazelle et le daim; le bouquetin, le chevreuil, la chèvre sauvage et la girafe. Vous mangerez de tout animal qui a la corne fendue, le pied fourchu, et qui rumine », dit Moïse au peuple d’Israël. Ce fait somme toute surprenant est analysé dans un très sérieux article de Thierry Buquet paru dans Anthropozoologica • 2006 • 41 (1) (Publications Scientifiques du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris) et intitulé « Pourquoi la Bible des Septante a-t-elle traduit le zemer du Deutéronome en kamelopardalis ? Réflexions sur le statut symbolique et alimentaire de la girafe ».

La girafe de Jérôme Bosch (détail du Paradis, Musée du Prado) - image Wikipedia

Il conclut notamment que « la nature de la girafe et la fascination qu’elle a toujours suscitée chez l’homme, peuvent, sinon expliquer complètement, du moins justifier en partie sa présence dans le Deutéronome, et ce, dans un double mouvement :

la girafe sera valorisée parce que présente dans la Bible ;

cette présence étant due sans doute à l’observation et à la valorisation d’un ruminant exceptionnel à plus d’un titre, alliant beauté, douceur, calme et élégance. »

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Le chagrin des girafes

On apprend que le zoo de Vincennes va être complètement restauré et réaménagé, pour rouvrir ses portes en 2014. A cette fin, la plupart des animaux vont déménager dans les jours qui viennent vers divers autres sites pour y séjourner pendant les travaux… à l’exception notamment des girafes, jugées trop difficiles (c’est-à-dire trop coûteuses évidemment) à transporter. Mais est-ce qu’on a pensé seulement à leur dire ce qui se passe, aux girafes ? à leur expliquer pourquoi elles, elles vont rester là (dans un coin de chantier ?) sans savoir pourquoi tous les autres animaux s’en vont ? Timides et modestes comme elles sont, elles vont sûrement se faire du souci sans oser poser de questions… Et se demander à quelle sauce elles vont être mangées…

Manger de la girafe ? Curieusement, cet animal est mentionné dans la Bible (Deutéronome 14,5)

http://www.ebible.free.fr/livre.php?_id=de&_chap=14

parmi les animaux comestibles définis par la loi mosaïque. « Voici les animaux que vous mangerez : le bœuf, la brebis et la chèvre; le cerf, la gazelle et le daim; le bouquetin, le chevreuil, la chèvre sauvage et la girafe. Vous mangerez de tout animal qui a la corne fendue, le pied fourchu, et qui rumine », dit Moïse au peuple d’Israël. Ce fait somme toute surprenant est analysé dans un très sérieux article de Thierry Buquet

http://www.girafes.net/

paru dans Anthropozoologica • 2006 • 41 (1) (Publications Scientifiques du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris) et intitulé « Pourquoi la Bible des Septante a-t-elle traduit le zemer du Deutéronome en kamelopardalis ? Réflexions sur le statut symbolique et alimentaire de la girafe ».

Il conclut notamment que « la nature de la girafe et la fascination qu’elle a toujours suscitée chez l’homme, peuvent, sinon expliquer complètement, du moins justifier en partie sa présence dans le Deutéronome, et ce, dans un double mouvement :

la girafe sera valorisée parce que présente dans la Bible ;

cette présence étant due sans doute à l’observation et à la valorisation d’un ruminant exceptionnel à plus d’un titre, alliant beauté, douceur, calme et élégance. »

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8 réflexions au sujet de « Le chagrin des girafes »

  1. « Je n’aurais jamais cru, quand ils étaient là, qu’un jour ils me manqueraient », pense la girafe. La belette vocifère, qui du soir au matin querellait la laie sur l’éducation qu’elle donnait à ses marcassins… le porc-épic volant, qui perdait ses piquants partout, jusque dans les plus savoureuses ramilles des plus hauts acacias… l’épagneul-gerboise qui ne savait, le pauvre, que demander ‘Maintenant on va où?’… Où sont-ils tous partis? Et quand reviendront-ils? »

    Aucune image n’aurait pu mieux que cette peinture de Bosch illustrer la solitude mélancolique des girafes.

  2. j’aime aussi les girafes, j’en ai quelques unes à la maison, des petites rappoirtées de madagascar 🙂
    La girafe est un symbole de confiance peut-être : je pense à la célèbre Sophie, la girafe offerte aux bébés, depuis des années !!!), ils doivent apprécier leur long cou tendre (même s’il a un goût de caoutchouc) et docile

  3. « des girafes, jugées trop difficiles à transporter»

    Mais non ! Sont juste pas doués.

    Je me souviens, il y a 10 ans, le propriétaire du gîte de vacances nous racontant son histoire de chef d’escale sur un aéroport sommaire d’Afrique. Sa préférée était celle de la girafe ; il avait dû en organiser le convoyage sur un DC3.
    Le DC3 est un bombardier bimoteur de la seconde guerre mondiale, plus rustique et increvable qu’une 2CV, reconverti dans le transport précaire ; il en vole encore.
    Si hisser la girafe à bord n’était pas simple, le plus préoccupant était de doser le somnifère pour éviter un réveil en vol. C’est plus dangereux que de pénétrer dans le box d’un cheval furieux.
    Le vétérinaire connaissait son boulot : tout se passa bien.

    Alors, renoncer avec les moyens disponibles à Paris ; petits bras, vas !

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