Teotihuacán, lieu de grandeur

Avec la passion que je porte au Mexique, je n’allais pas manquer, assurément, l’exposition du musée du Quai Branly : « Teotihuacán, cité des dieux ». J’ai eu la chance de visiter ce lieu incroyable, deux fois même, à quelque dix ans d’intervalle. C’est vraiment un site extrêmement impressionnant, d’abord par sa taille gigantesque ; l’axe central dénommé Allée des Morts fait plusieurs kilomètres de long. Un des mérites de l’exposition, c’est d’ailleurs de montrer par une vaste maquette (d’une dizaine de mètres de long) le rapport de taille entre les édifices existants et l’espace global. Qui est loin d’avoir été entièrement exploré… Et malgré l’affluence des touristes et des marchands ambulants, on  ne peut être que saisi et comme accablé par cette grandeur – qui n’est évidemment pas seulement une histoire de dimensions.

Vue de l'Allée des Morts depuis la Pyramide de la Lune ; à gauche, la Pyramide du Soleil

On ignore par quel nom les habitants de la cité la désignaient. « Teotihuacán » est un toponyme nahuatl utilisé par les Aztèques plusieurs siècles après la chute de cette cité et dont l’origine est inconnue. Bien sûr, plusieurs étymologies ont été avancées, à la suite de l’expression proposée par le franciscain Bernardino de Sahagún, « le lieu où les dieux se réunirent ». La disparition de la cité et de la civilisation qui porte son nom, vers l’an 550 de notre ère, reste également inexpliquée.

Décor sculpté de la pyramide de Quetzalcoatl

L’exposition, conçue par le regretté Felipe Solís Olguín, archéologue et directeur du Musée national d’Anthropologie (MNA) de Mexico, propose un parcours thématique en six parties : architecture/urbanisme, politique/économie/guerre, religion, mode de vie, artisanat, relations de Teotihuacán avec le monde méso-américain (et les autres grandes cités de la région). Le MNA a d’ailleurs fourni une grande partie des œuvres exposées, et non des moindres, comme le magnifique Disque de la Mort (ci-dessous).

Mort incarnée dans les sacrifices humains qui avaient tant impressionné les conquistadors au 16e siècle ; mort qui est toujours omniprésente quand on parle du Mexique et qui irrigue puissamment l’imaginaire du pays, l’œuvre de ses écrivains et de ses peintres, tout autant que les manifestations de la vie courante[1].

Trois livres qu’on peut lire sur le Mexique et ses mythes :

Jacques Soustelle : Les quatres soleils

JMG Le Clézio : Le rêve mexicain

Octavio Paz : Le labyrinthe de la solitude


[1] Cf mon article Mon crâne sur la commode – Représentations de la mort dans le Mexique contemporain, publié sur le site canadien Encyclopédie de l’Agora.

Images de cette note : Wikipedia.

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