Mille carnets ouverts

En 2002 j’ai participé au projet « 1000 journals ». (Ce pluriel qui peut surprendre s’explique par le fait que le nom du projet est en anglais.) Le principe de départ était simple. On s’inscrivait sur une liste pour y participer. Mille carnets devaient circuler dans le monde (en fait sous forme de livres reliés pour être solides…), chacun y ajoutant une ou plusieurs pages de textes, dessins, collages, etc. de son cru, puis l’expédiant à la personne suivante de la liste. Quelqu’un qui trouvait le carnet accidentellement pouvait aussi y contribuer librement. A terme, le carnet/livre achevé devait revenir à son point de départ.

J’ai ainsi eu le bénéfice de commencer le journal n° 986, dont on peut voir les pages correspondantes sur le site « 1000 journals ». Mais pas de chance, la 5e personne après moi n’a pas continué la chaîne, et le journal 986 a disparu de la circulation…

Le créateur du projet, Brian Singer, portant le pseudo de « Someguy » et ‘basé’ à San Francisco, s’exprimait ainsi sur le lancement de son initiative (je traduis à la truelle) :

1000journals-51D5bMuPVzL._SS500_bis« L’objectif est de fournir une méthode d’interaction et de partage de la créativité entre des amis et des étrangers. Comment ça fonctionne ? Ceux qui trouvent le carnet lui ajoutent quelque chose. Une histoire, un dessin, une photo, n’importe quoi. Puis ils passent le carnet à un ami ou un étranger et l’aventure continue.

 

Malheureusement, vous avez plus de chances de gagner à la loterie que de mettre la main sur un des « 1000 journals ». Le problème est là, parce qu’il n’y en a que mille. (NB : Un nouveau projet fait suite, intitulé « 1001 journals ». On peut encore y participer.)

 

Comment tout a commencé : J’ai toujours été fasciné par les graffiti que les gens inscrivent sur les murs des toilettes et dans les espaces publics. Depuis des années je les prends en photo et je voulais en faire un livre. Puis il m’a semblé approprié d’encourager les lecteurs à devenir des contributeurs. A partir de là, j’ai décidé qu’un livre blanc (vide) serait plus amusant, surtout s’il circulait pour récolter des réflexions et opinions plus variées. Et puis pourquoi pas mille ? C’est un nombre si absurde.

 

Le projet a été officiellement lancé en août 2000, quand les cent premiers carnets ont été diffusés à San Francisco. J’en ai donné à des amis, j’en ai laissé dans des bars, des cafés, sur des bancs dans les jardins publics. Bientôt des gens ont commencé à m’envoyer des e-mails pour me demander à y participer… »

 

Bien que destiné à voyager dans le monde entier, le projet s’est surtout développé aux USA, et en consultant les carnets visibles sur le site, on voit bien que la majorité des contributeurs sont anglophones. Someguy a ensuite écrit un livre sur cette expérience, qui a aussi fait l’objet d’un film réalisé par Andrea Kreuzhage.

 

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4 réflexions au sujet de « Mille carnets ouverts »

  1. « le vent a emporté la lettre encore ouverte – composée dans l’espoir… ».
    Voilà bien la preuve que même le vent ne peut rien contre un Joseph Nolegs. L’espoir est un pinson gisant.

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