Giorgio de Chirico, le grand énigmatique

Je savais, parcours oblige, qu’il est né en Grèce. A Volos, en Thessalie, port de départ des Argonautes, où son père était ingénieur dans les chemins de fer. Il y a passé les dix-huit premières années de sa vie et cette origine a laissé une marque durable dans sa personnalité et dans son œuvre. Sa ville natale a d’ailleurs donné le nom de Giorgio de Chirico à une galerie d’art présentant les œuvres réunies par le collectionneur Alexandros Damtsas.

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La Tour Rouge (1913), musée Guggenheim,  New York

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris consacre une exposition rétrospective, intitulée « La fabrique des rêves », à Giorgio de Chirico (1888 – 1978) : environ 170 peintures, sculptures, œuvres graphiques et une sélection d’archives qui retracent le parcours de l’artiste, actif de 1909 à 1975. J’ai compris en la parcourant que je n’avais qu’une idée très partielle de son œuvre. Je m’étais toujours focalisée sur sa « peinture métaphysique » des années 1910, notamment en raison de la résonance qu’elle avait eue chez les surréalistes. Mais loin de m’éclairer, la vision de cette œuvre dans son ensemble n’a fait que me rendre Chirico encore plus énigmatique.

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La Mélancolie du Départ (1916), Tate Gallery, Londres

On distingue généralement trois périodes dans l’évolution de Chirico :
. les années 1910 dont les œuvres dites « métaphysiques » le consacrent comme symbole de la modernité,
. les années 1920-1930, période de retour à un peinture « classique » au cours de laquelle Chirico revient sur des positions qu’il avait précédemment dénoncées. Il est alors voué aux gémonies par le groupe surréaliste, Breton en tête, qui voit en lui un « renégat ».
. les années après 1940, qui voient le retour à une « néo-métaphysique » où il multiplie les répliques de ses œuvres anciennes.

J’avoue que j’ai du mal à comprendre son parcours. Philippe Dagen, dans son article du Monde en date du 13 février 09,  voit dans sa période « néo-classique » des années 20-30 une grande bacchanale parodique où Chirico « joue des maîtres et des sujets avec une désinvolture sans remords ». Il souligne également son goût de la dérision. Le retour ultérieur à la peinture métaphysique revisitée serait alors l’exercice d’une suprême ironie.

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Ariane (1913), Metropolitan Museum of Art, New York

Finalement, peu m’importe. J’ai trop de plaisir à errer dans les paysages improbables de Chirico, sur ses « places d’Italie », entre les statues allongées et les petites locomotives à vapeur (papa est toujours là aussi…), les grandes arcades d’ombre et les régimes de bananes. J’aime trop ses titres : La récompense du devin, La mélancolie d’une belle journée, Le retour au château… Qu’il me reste énigmatique ne me gêne pas. Il n’est pas toujours nécessaire de dévoiler le sens.

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En complément : le site du Musée d’Art moderne. L’exposition dure jusqu’au 24 mai 2009.
Artcyclopedia, un site qui recense les images d’œuvres de Giorgio de Chirico accessibles en ligne (et d’où proviennent les images de cette note).

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